La FIF a tenu son AG extraordinaire en fin du mois de novembre dernier. À l’Ouest, rien de nouveau. Puisque, les sujets traités n’avaient rien de croustillant à même de nous faire lécher nos babines. Quoi qu’il en soit, les deux points saillants inscrits à l’ordre du jour sont passés comme une lettre à la poste. Les clubs ont tous, ou presque, validé le budget 2026 qui est de 21 milliards et poussières, contre 24 milliards et « gnamagnaman » en 2024. Soit une baisse de 13 %. Pourquoi ? Du fait que, nous dit-on, le budget 2026 aurait réduit la voilure de certains projets, tels que la construction du nouveau siège de la FIF, estimé à 4 milliards, dont le maître d’œuvre est PFO. Sauf que les griefs concernant sa mauvaise gestion ne cessent de s’entasser chaque jour que Dieu fait. Un exemple typique : la FIF a décaissé un milliard cash pour acheter une dizaine de cars flambant neufs au profit des clubs de Ligue 1. Sauf que cette opération commerciale a été faite avec une société au sein de laquelle travaillerait une dame du COMEX. Si ce n’est pas un conflit d’intérêts, c’est tout de même une faute grave. Ces cars ont ensuite été offerts aux clubs à crédit. Et tout cela dans le dos du COMEX, c’est-à-dire, sans l’aval de l’organe de gestion et de supervision de la FIF. Il est donc logique qu’une suspicion légitime plane sur cette opération occulte, avec à la clé une rétrocommission reversée aux auteurs de cette transaction commerciale.
Cela dit, il est étonnant que notre faîtière se paie le luxe de débourser un milliard pour une telle opération, alors qu’elle aurait pu procéder par un crédit-bail, par exemple. Comprenne qui pourra ! Ceci étant, tic-tac, tic-tac, comme le balancier d’une horloge suisse, la « présidentielle » approche. Et la tension monte. Les passions se cristallisent. D’où le deuxième sujet salivant de cette AGE. L’article 40 des Statuts de la FIF, relatif à la périodicité et à la convocation de l’Assemblée générale ordinaire, a en effet subi un léger lifting. Comme la prochaine AG élective tombait pile poil en juin prochain, donc pendant la 23ᵉ phase finale de la Coupe du Monde, il fallait soit la décaler avant, soit après. L’amendement de l’art. 40 est donc passé comme lettre à la poste. En résumé, le prochain scrutin devrait se tenir « au plus tôt trois mois avant juin ou, au plus tard, trois mois après juin ». C’est-à-dire, soit aux mois de mars, avril et mai, une fois la Coupe du Monde terminée. Alors, question : faut-il tenir cette AGE avant ou après ? Le débat est ouvert. Si l’AGE devait se tenir trois mois avant, le risque serait grand pour le président-candidat sortant. Car, entre-temps, la CAN serait passée par là.
Et, forcément, il sera comptable du résultat final des Éléphants. Si la Côte d’Ivoire gagne, tant mieux : il pourra surfer sur ce bilan positif et en tirer les dividendes pour rempiler. Il n’aura plus à attendre forcément les résultats des Éléphants au Mondial. En revanche, en cas d’échec, la pilule sera difficile à avaler. Il devra donc supporter critiques, quolibets et colère des Ivoiriens. Et même s’il parvenait à résister à cette fronde née de la désillusion de la CAN, rien ne dit qu’il aura pour autant sauver son siège en cas de Mondial catastrophique des Éléphants. Tel est, en tout cas, le dilemme de Yacine Idriss Diallo. Car, dans tous les cas, le fauteuil est brûlant. Le premier indicateur pour sa réélection ou non sera la CAN dans un premier temps. Une AGE après le Mondial peut lui donner, pourquoi pas, un peu de répit en cas d’échec à la CAN. Il pourra mettre à profit le report de cette AGE après le Mondial pour cicatriser les blessures, effacer les douleurs de la CAN et espérer bénéficier de quelques circonstances atténuantes de la part des Ivoiriens, quel que soit l’issue du Mondial. Dans les deux cas, le calife sortant de la « Maison de verre » joue sa tête. Si la CAN se passe bien, il sauve son fauteuil, quel que soit le résultat du Mondial. Mais si le désaveu est cinglant au Maroc, ajouté à une sortie de route catastrophique au Mondial, sa survie ne dépendra plus que du Prado… à condition qu’il s’en mêle.
Pour notre part, il serait souhaitable que la future compétition électorale puisse se dérouler après ce premier Mondial à 48 pays. Pour que le football ivoirien ne parte pas désuni au Mondial. Mais en attendant, tic-tac, tic-tac, le balancier de l’horloge de la cathédrale Saint-Paul du Plateau tourne. Et notre confrère « Africa Intelligent » de la semaine dernière est venu enfoncer une porte ouverte. En effet, si elle n’a pas jeté un pavé dans la mare, elle a du moins confirmé ce qu’on savait déjà. On monte, on descend la bataille de « Kirina », plutôt de la « Maison de verre » aura bel et bien lieu. Vent orageux, annonce d’ailleurs la météo. Dans l’arène : le « roi » et le « faiseur de roi ». Aux aguets, un troisième larron, Souleymane Cissé, le président du RCA, qui pourrait se saisir de « Maître Aliboron ». Diallo tient à rempiler. M. Tohé en a marre de jouer au faiseur de roi. Il l’a fait avec feu Sidy Diallo, ensuite avec YID. Il ne veut plus jouer les seconds couteaux et veut être calife à la place du calife. Sauf miracle, il n’ira plus à Canossa. Quid de Salif Bictogo ? Le président de la LPF, lui, joue « le Kissinger » autrement dit, le médiateur espérant recoller les morceaux de la division éparpillés. Sauf qu’il prêche dans le vide. Il ne peut pas réussir là où les bons offices des « missi dominici » ont fini en eau de boudin. C’est acté. Car, sauf miracle, YID et MT, du duo iront au duel. Et, au bout, un « cadavre va mourir ». Tic-tac, tic-tac, l’horloge tourne.
Kambiré Elie