Comme un bon « Pkapkato »

L’acte est passé inaperçu. Ou presque. Puisqu’il n’a fait ni les choux gras des médias nationaux et internationaux, ni l’objet d’un traitement spécial. Et pourtant, ce qui s’est passé, ce mercredi 29 avril 2026, à Vancouver, au Canada, à la veille du 76e Congrès de la FIFA, n’a fait que confirmer ce que l’on savait déjà : notre CAF est vraiment à la remorque de la FIFA.

Sinon, qu’est-ce qui peut justifier que les 54 Associations membres décident de soutenir à l’unanimité la réélection de Gianni Infantino pour un quatrième mandat ? Rien. Absolument rien, si ce n’est la confirmation, une fois de plus, de la mise sous tutelle de notre faîtière. Sniff ! Sniff ! Il y a de quoi verser des larmes. Car nos dirigeants n’ont même pas attendu le troisième chant du coq annonçant l’aurore pour prendre la tête de cette croisade: « Infantino candidat pour 2027-2031. » En tout cas, le Libano-Italo-Suisse peut se frotter les mains.

Et il a eu raison, dès son élection en 2016, de déposer ses bagages au pays des suiveurs. Parce que tout ce qu’il fait et tout ce qu’il propose sont adoubés par les présidents de fédération. Tenez, Infantino a voulu une CAN quadriennale et non biennale. Patrice Motsepe et ses présidents de fédération l’ont entérinée. Et c’est passé comme une lettre à la poste, sans même que cette décision, qui « tue » le prestige de notre compétition reine, ne soit débattue en AG. Or, ce n’est plus un secret : de plus en plus de voix s’élèvent pour blâmer, décrier et fustiger ce qui apparaît comme une véritable soumission de la CAF à la FIFA. Des six Confédérations que compte la FIFA, la CAF est aujourd’hui la seule a avoir perdu son indépendance. En un mot, elle est l’otage de l’omnipotent président de la FIFA. Ceci étant, savez-vous, qui, à Vancouver, s’est levé pour faire cette proposition de soutien à la réélection de GI auprès des Associations membres de la CAF ? Notre bien-aimé président de la FIF.

En bon griot de service, il a demandé à ses pairs d’adouber la candidature du Libano-Italo-Suisse lors du prochain scrutin. Tout le monde a applaudi. Mais, une fois hors de la salle, beaucoup ont grogné. L’hypocrisie est la marque de fabrique des dirigeants du football africain. Ils sont des garçons dehors, mais des femmelettes ou des poltrons quand il s’agit de dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Comme quoi, ils ont applaudi Idriss, mais l’ont vilipendé dehors, le traitant de « pkapkato ». Ainsi va la république bananière de la CAF. Alors, question à deux balles : qui sont les vrais fossoyeurs du football africain ? Mais les présidents de fédération, pardi ! Et pour cause : depuis son arrivée au sommet de l’institution mondiale du football, Infantino a flatté les dirigeants africains comme jamais. Déjà gâtés et choyés par son prédécesseur, le Suisse Sepp Blatter, en raison de leurs 54 voix, les présidents de fédération continuent de bénéficier de nombreux privilèges et subventions grâce à l’actuel président de la FIFA, GI.

Comme quoi, la FIFA décide, la CAF exécute. Point barre. Alors, nos présidents d’associations sont-ils des pantins ou des marionnettes aux mains de GI ? Nous ne vous donnerons pas notre bouche pour manger votre piment. Mais préoccupons-nous plutôt de nos affaires locales. Et là aussi, il y a à boire et à manger. Le foot ivoirien a décidé d’aller au Mondial en rangs serrés. Aussi, sur l’esplanade de la « Maison de verre », les membres du Comex ont-ils juré de mettre sous le boisseau les sujets qui fâchent et divisent. En un mot : leurs ambitions présidentielles. « Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer. » Sauf que croira qui voudra.

Parce que, sur le terrain, au lieu d’un serment d’Hippocrate, ils nous servent un serment d’hypocrites. Et si cette campagne ne se fait ni à tambour ni à trompette, elle est cependant active sur le terrain. On peut même dire, sans risque de se tromper, que le mercato électoral devrait nous réserver de belles prises. Cela a même déjà commencé, puisque la première belle pioche nous est venue du camp du président sortant. Vous avez dit « belle » ? Hum !!! Pas si évident que ça. Car le président de la Ligue Pro, qui a désormais rejoint le camp du président de la FIF, n’est pas, en réalité, une recrue de taille capable de renverser un match déjà plié.

En effet, même s’il a rompu les amarres avec Malick Tohé, son alter ego d’hier dans l’ex-GX, Salif Bictogo ne pèse en réalité que dalle. Puisqu’il n’a jamais été un membre influent, encore moins un poids lourd dans l’écosystème du football ivoirien. D’ailleurs, en 2011, il aurait capitulé dans son face-à-face avec feu Sidy Diallo, si Me R. Ouégnin n’avait pas été là pour le coacher soi-dit en passant. Mais passons. Toujours est-il qu’il est pressenti pour être le futur directeur de campagne de YI Diallo. En tout cas, aujourd’hui, il est en première ligne, quand le colonel Koné Mamadou ou même le DEX Armand Gohourou sont quasiment invisibles sur le terrain. Mais la promesse d’un maintien de SB à la tête de la Ligue Pro, en dépit de son échec à la tête de ce football d’élite, peut expliquer cet excès de zèle dont il fait montre aux côtés de YI Diallo.

En tout cas, il s’est engagé dans un corps-à-corps avec les dirigeants de clubs. On raconte même qu’il aurait tenté de ramener dans le camp YID le président de Bouaké FC, Diabaté Issa. En vain. Du côté de MT, silence radio. On sait cependant qu’une dizaine de clubs se bousculent à sa porte. On sait aussi qu’un quatrième larron se prépare dans le secret des dieux. Qui ? DD ? Peut-être ! Mais, pour le moment, il est en Tanzanie. Sauf que nul n’est prophète chez soi.

Kambiré Elie

A lire aussi