C’est parti, que la messe du foot commence !

Voilà donc la planète football tirée à quatre épingles, debout sur son trente-et-un, attendant avec impatience et délectation la 23e phase finale de la plus prestigieuse compétition au monde : la Coupe du monde. Organisée conjointement par un triumvirat nord-américain, le Canada, les États-Unis et le Mexique, « United 2026 » fait déjà saliver au regard de la qualité des forces en présence. L’Argentine, tenante du titre, sera encore au rendez-vous, conduite par son inoxydable capitaine, Lionel Messi, 39 ans. Pour sûr, le tenant du titre est attendu de pied ferme par ses adversaires. À commencer par le Brésil, fatigué de courir après un 6è trophée qui le fuit depuis son 5è sacre mondial, obtenu en Corée du Sud-Japon 2002.

Et la France ? Elle possède les arguments nécessaires pour décrocher une 3è étoile après celles de 1998 et 2018. Avec un sélectionneur chevronné, D. Deschamps, un buteur d’exception, K. Mbappé et une génération de talents de classe mondiale, qui oserait affirmer que les Bleus ne figurent pas parmi les principaux favoris de cette CM ? L’Allemagne ? Trop d’incertitudes pour que l’on mise sans réserve sur elle. L’Espagne et sa pépite, Lamine Yamal seront de sacrés clients. Bref, les jeux sont ouverts. Et la FIFA a mis les petits plats dans les grands pour sa fête. Elle a mis le paquet en élaborant un budget XXL en dotation pour les 48 participants. 480 milliards de FCFA seront distribués aux sélections en fonction de leurs performances durant le tournoi. Le football, sport roi par excellence, s’apprête à vampiriser l’attention de la planète dans ce Mondial nord-américain. C’est aussi cela, la magie de ce jeu de ballon qualifié à juste titre d’opium du peuple. Ceci étant, il est déplorable que certaines considérations extra-sportives imposées par l’administration Trump soient venues refroidir l’enthousiasme des Africains à la veille de la fête du football. En effet, les procédures de visa particulièrement contraignantes imposées à de nombreux pays africains risquent de priver les sélections du soutien de leurs supporters. Mais que dire des supporters congolais frappés par cette « Fatwa » américaine en raison de l’épidémie d’Ebola ? Hélas !. Mais passons. Ce nouveau format à 48 équipes est bien pour le continent. Car, l’Afrique est passée de 5 à 9 qualifiés directs, auxquels s’ajoute une place potentielle via les barrages intercontinentaux. Si cette augmentation du quota est accueillie avec satisfaction, elle représente aussi un immense défi.

Et, en même temps qu’elle reconnaît les progrès du foot africain, elle impose une véritable culture du résultat. Puisqu’un gros flop de ses 10 qualifiés, raviverait inévitablement les critiques. Voilà pourquoi, l’Afrique devra s’arranger à placer deux ou trois équipes au moins jusqu’en quart de finale. Et même en demi-finale. Histoire de prouver que les 10 places accordées par la FIFA ne relèvent pas d’une simple erreur de casting de la part de la FIFA. Mais que peuvent les représentants africains dans ce Mondial ? L’Algérie, l’Égypte, le Maroc et la Tunisie porteront les couleurs de l’Afrique du Nord. L’Afrique subsaharienne comptera sur le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Ghana et la RD Congo. L’Afrique du Sud est l’unique porte-étendard de l’Afrique australe. Toutes ces sélections qui nourrissent de légitimes ambitions, peuvent-elles atteindre les demi-finales, comme le Maroc l’a fait au Qatar en 2022 ? Il est vrai que le continent regorge de talents qui évoluent dans les meilleurs championnats du monde. Premier pays africain à avoir atteint les demi-finales d’une CM, le Maroc apparaît comme le chef de file du contingent africain. Et il faudra bien que la sélection chérifienne nous prouve que la flamme de Qatar 2022 n’est pas totalement éteinte. Les Bafana restent une inconnue à ce niveau de compétition.

L’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, le Ghana et la RD Congo possèdent des arguments, mais devront confirmer sur le terrain. Le Cap-Vert, pour sa première participation, découvrira quant à lui, les exigences du très haut niveau. Pour beaucoup d’observateurs, les plus grands espoirs du continent reposent sur le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Dépossédé de sa 2è étoile de champion d’Afrique lors de la CAN 2025 sur tapis vert au profit du Maroc- en attendant le verdict du TAS- le Sénégal est considéré comme l’une des places fortes du football continental. Avec des cadres expérimentés et un capitaine emblématique comme S. Mané, les Lions de la Teranga ont les armes nécessaires pour rivaliser avec les meilleures sélections de la planète. Quart-de-finaliste lors de la CM 2002 en Corée du Sud et au Japon, ils tenteront de faire encore mieux en atteignant le dernier carré. Et nos chers Éléphants dans tout cela ? Sans céder à un chauvinisme excessif ni à un enthousiasme démesuré, la Côte d’Ivoire apparaît comme l’une des sélections africaines les mieux cotées pour réaliser une grande performance à cette CM. Pour sa 4è participation, elle dispose d’arguments de poids: un effectif talentueux, un réservoir de joueurs impressionnant et une profondeur de banc qui ferait pâlir d’envie de nombreux sélectionneurs. Après avoir échoué à franchir le 1er tour, tour à tour, à « Allemagne 2006 », « Afrique du Sud 2010 » et « Brésil en 2014 », la sélection ivoirienne arrive donc avec une ambition clairement affichée: atteindre enfin les phases à élimination directe. Les Éléphants ont hérité d’un groupe facile sur le papier et mille fois, plus abordable que par le passé.

Ils débuteront leur Mondial face à l’Équateur, le 14 juin à Philadelphie, puis affronteront l’Allemagne et ses 4 titres mondiaux, le 20 juin à Toronto. Enfin, leur dernier match de groupes sera contre le « petit » Curaçao, 83ème au dernier classement FIFA. Jamais dans l’histoire de leurs 4 participations, les Ivoiriens n’ont semblé aussi proches d’une qualification pour le 2è tour. Et lorsque l’on dispose des pros évoluant dans les grands championnats européens comme A. Diallo, S. Adingra, N. Pépé, S. Fofana, Ibrahim Sangaré, Y. Diomandé, F. Kessié, etc. de quoi la Côte d’Ivoire devrait-elle franchement avoir peur ? De personne. Si ce n’est d’elle-même. Le principal danger pourrait résider dans un excès de confiance ou dans une forme de suffisance. Sinon, cette génération a les moyens de marquer l’histoire du foot ivoirien, en atteignant le 2è tour, objectif minimal qu’elle s’est fixé. Mais aussi de disputer les ¼ de finales. Mais aussi d’une demi-finale. Bien entendu, le chemin sera long et semé d’embûches. La Coupe du monde « brûle ». Mais à cœur vaillant, rien d’impossible. Toutefois, nous n’attendons pas forcément que les Eléphants nous ramènent le Trophée à Abidjan. S’ils le faisaient, alléluia, nous leur baiserons les pieds.

En revanche, notre plus grand souhait est qu’ils aillent au second tour. C’est-à-dire, de réussir là où leurs illustres devanciers de la génération dorée conduite par l’icône Didier Drogba se sont cassé les dents. Mais qu’ils se le tiennent pour dit. Cette CM 2026 leur appartient au propre comme au figuré. Ils en feront leur espoir, leur fête et, souhaitons-le, leur couronnement. C’est-à-dire, en brisant enfin ce plafond de verre. Mais on ne manquera pas de leur rabâcher pendant tout ce mois de Mondial, dans les journaux, à la télé, à la radio, etc. que la victoire n’est pas toujours au bout du chemin. Et que les bonnes intentions ne garantissent rien. Alors, Éléphants, à vos marques ! Prêts ? Barrissez !

Kambiré Elie

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