Tohé et Bictogo se battent

Une petite quantité d’eau s’est engouffrée dans le gaz de l’équipe de campagne du candidat Yacine Idriss Diallo. On savait, en effet, que les deux hommes forts de cette équipe de campagne de Ycine Idrisse Diallo, et membres du Comité exécutif sortant, Malick Tohé et Salif Bictogo, ne sont plus en odeur de sainteté. Leurs relations, jadis au beau fixe depuis le dernier scrutin de 2022, se sont considérablement détériorées ces derniers temps. La raison : le premier avait ouvertement manifesté des velléités de candidature contre le président sortant, alors que le second militait pour le renouvellement du deal de 2022. Depuis lors, le premier vice-président de la FIF et son homologue de la Ligue professionnelle ne cessent de se regarder en chiens de faïence. Et si Bictogo n’était pas favorable à la « rébellion » de Tohé, ce dernier, de son côté, a beaucoup milité pour l’éviction du premier à la tête de la Ligue professionnelle. C’est dans ce contexte de guéguerre à fleurets mouchetés que les deux membres du COMEX sortant poursuivent leur difficile cohabitation au sein de l’équipe de campagne du candidat Idriss Diallo.

La goutte d’eau qui a cependant fait déborder le vase est liée à l’augmentation de la subvention accordée aux clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, ainsi qu’à ceux de la D3. En effet, au cours de cette réunion du comité scientifique mis en place à cet effet, tenue mardi dernier, le camp Malick Tohé avait pondu, la veille, un document avec des chiffres à l’appui pour une revalorisation de cette subvention à hauteur de 75 % ou même 50 %. Sauf que l’ex-président de la Ligue professionnelle Salif Bictogo qui, lui, n’a élaboré aucun document chiffré a vivement contesté une éventuelle augmentation de la subvention des clubs. Ce qui ne devrait être qu’une simple séance de travail du comité scientifique de la campagne s’est aussitôt transformé en pugilat entre Tohé et Bictogo. En fait, les propositions de MT ont été rejetées par le président de la Ligue pro, Salif Bictogo, qui aurait tapé du poing sur la table. Il ne s’est non plus gêne pour traiter ledit document de « n’importe quoi ». Une volée de bois vert qui n’a pas du tout plu au président du CO Korhogo. Lequel, en guise de réponse du berger à la bergère, est lui aussi monté sur ses grands chevaux pour cracher ses quatre vérités au président de la LPF. Selon Tohé, il est inadmissible, voire inconcevable, qu’en sa qualité de gestionnaire de la Ligue Pro, le président S. Bictogo puisse se comporter en farouche ennemi des clubs, au lieu de défendre leurs intérêts. Les noms d’oiseaux ont tellement fusé, les civilités mises sous le boisseau, la tension avait atteint son paroxysme.

Les deux responsables fédéraux n’étaient donc plus très loin de porter les gants et de monter sur le ring pour un pugilat digne d’un combat Mari Konaté-Kilimandjaro. Malick Tohé suivi de ses partisans ont menacé de quitter la salle. Mais le président Idriss Diallo est intervenu à temps pour apaiser les tensions. Il a ainsi invité M. Tohé pour un tête-à-tête à son bureau. Ceci étant, disons-le sans prendre de gants : il est quand même aberrant qu’au lieu d’accompagner les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, de protéger leurs intérêts et de les mettre dans de meilleures conditions d’épanouissement afin d’améliorer l’attractivité et la compétitivité des compétitions domestiques, le président de la Ligue pro puisse se comporter comme leur principal fossoyeur. Non, un président de la Ligue pro ne doit pas agir comme ça.

Kambiré Elie

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