Sekou Cissé (Ex-international ivoirien) :
C’est un coup dur cette élimination de nos quatre clubs dans les compétitions africaines. Cela risque de diminuer considérablement le nombre de points CAF du championnat ivoirien. Franchement, moi je n’ai pas vu venir cela. Je me disais qu’on pouvait qualifier au moins deux clubs dans les phases de poules vu qu’aller toutes nos équipes étaient encore en vie. L’élimination de l’ASEC est celle qui est un peu plus scandaleuse.
L’ASEC n’a montré aucune envie, les joueurs ne se sont jamais révoltés comme s’ils disputaient un match sans enjeu. Mais, je ne pense pas que ces éliminations de nos clubs soient liées à un manque de moyens. La FIF et l’Etat ivoirien font quand même le minimum à ce niveau. Le problème est plus sportif. Aujourd’hui, nos clubs manquent de joueurs de talent, de joueurs expérimentés habitués aux joutes continentales. Le manque de talent, c’est la cause principale de cet échec. A cela, il faut ajouter les limites tactiques des équipes.
Igor Lolo (Ex-international ivoirien) :
Moi, je m’attendais un peu à ces échecs. Les contenus de matches de nos Africains en championnat n’étaient pas de nature à rassurer. On assiste à des matches décousus, à des limites techniques et tactiques. Les équipes sont en manque de leaders techniques et de joueurs capables de prendre un match à leur compte. Collectivement, c’est aussi très limite avec des équipes incapables d’aligner trois passes successives. Les clubs ivoiriens sont également dépourvus de joueurs qui ont un certain vécu du haut niveau. L’argent ne suffit jamais, mais les mauvais résultats de nos clubs sur la scène continentale ne sont pas la résultante d’un manque de moyens financiers.
Tchétché Aimé (Consultant)
L’élimination de nos quatre clubs engagés dans les compétitions africaines est le reflet d’une grande défaillance structurelle et d’un manque d’ambition, plutôt que d’un simple accident de parcours. La saignée permanente des effectifs, qui oblige les entraîneurs à rebâtir chaque fois leur groupe, le déficit d’investissement et le manque de vision des clubs sont les principales raisons de ce gros passage à vide de nos équipes sur la scène africaine. Les dirigeants privilégient les plus-values plutôt que la performance sportive. Nous avons un championnat national au rythme insuffisant. En effet, nos joueurs ne répondent pas aux exigences tactiques, techniques et physiques imposées par les grandes équipes africaines. Tant qu’il n’y aura pas de réformes fondamentales, nous assisterons toujours à ces éliminations prématurées de nos équipes dans les compétitions africaines. Il existe un grand décalage entre la sélection nationale et les clubs. Comment comprendre que la sélection brille de mille feux alors que les clubs sont à la traîne ?
Oussou Israël (Coach)
C’est dommage que nous n’ayons pas atteint nos objectifs, à savoir qualifier des équipes pour la phase de groupes des coupes africaines. Nous devons tirer les leçons de cet échec et travailler davantage. Mais il faut également revoir nos recrutements. Cela n’a rien à voir avec l’argent. Le problème se situe au niveau du travail quotidien. Il faut relever le niveau de notre championnat. Pour cela, chaque club doit travailler sur les plans tactique, technique et physique. C’est ainsi que nous pourrons, chaque année, avoir une ou deux équipes qualifiées pour le tour suivant des compétitions africaines.