Le match Côte d’Ivoire–Gabon n’a pas seulement livré son verdict au tableau d’affichage. Il a surtout confirmé une évidence qui s’impose, match après match, dans cette CAN : une nouvelle génération pousse fort derrière les cadres et frappe désormais à la porte du onze de départ. Et parfois, elle enfonce même la porte.
Face au Gabon, deux noms ont illuminé la rencontre : Inao et Bazoumana Touré. Les deux jeunes Éléphants ont marqué la partie par leur fraîcheur, leur personnalité balle au pied et cette audace qui change le tempo d’un match. Volume de jeu, justesse technique, envie d’aller de l’avant : leur entrée a métamorphosé le visage de la sélection, révélant un potentiel que plus personne ne peut ignorer.
Mais ce souffle nouveau ne date pas seulement de ce duel face aux Panthères. Amad Diallo et Yah N’Diomandé avaient déjà envoyé un signal clair plus tôt dans la compétition. Décisifs, décomplexés et constamment tournés vers l’offensive, ils symbolisent une équipe nationale en transition, où la relève refuse d’attendre son heure sagement sur le banc. La CAN 2025 semble être leur scène.

Les cartes pourraient être rebattues
À l’issue de la phase de groupes, une chose est sûre : rien n’est figé. Les performances répétées des jeunes pousses bousculent la hiérarchie interne et relancent la concurrence dans tous les secteurs de jeu. Inao s’impose désormais comme une option crédible pour débuter au milieu de terrain, tant il a apporté sérénité et créativité. Bazoumana Touré, lui, réclame du temps de jeu, à la faveur de ses prestations pleines d’énergie et de maturité.
Le sélectionneur Emerse Faé avait envisagé une intégration progressive, par touches successives, pour ménager ses talents en devenir. Ce plan pourrait bien être remis en question par la réalité du terrain. Le dynamisme de ces jeunes, leur capacité à assumer les grandes responsabilités et leur impact immédiat redistribuent les lignes.
Car une certitude s’impose, implacable : ces jeunes n’ont peur de rien. Fût-ce pour leur première CAN.