Vice-championne de la saison dernière des Rallyes et Top chrono, Carole Roinet se donne d’autres challenges. En effet, elle participera, cette année, au Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc. Ce sera la première femme de l’Afrique noire de l’Ouest à participer à ce Rallye.
Vous avez été vice-championne 2025 des Rallyes et top chronos de Côte d’Ivoire. Quelles sont vos impressions ?
Je suis heureuse. Le Rallye, pour moi, est avant tout un sport de loisir. J’en suis passionnée. Je pratique d’ailleurs plusieurs disciplines que sont le taekwondo, le tennis, le planeur, la plongée, etc. Je suis une femme qui aime le sport intense et le Rallye s’est naturellement inscrit dans cet univers.
À quand remonte cette pratique du Rallye et qu’est-ce qui vous a principalement motivée ?
J’ai commencé le Rallye en 2022. Mon objectif était de participer à des Rallyes à l’international. D’ailleurs, nous partons bientôt au Maroc pour le Rallye Aïcha des Gazelles. Ma co-pilote et moi serons les premières femmes noires d’Afrique de l’Ouest à participer à cette compétition.
Quel est le calendrier de ce Rallye ?
Ce Rallye débutera le 27 mars et s’achèvera le 11 avril. Mais avant cela, nous avons un stage. Car c’est un environnement très différent de celui que nous connaissons ici. Nous partons donc dès demain (hier) pour dix jours de préparation à Marrakech. Nous irons dans le désert, puisque c’est un Rallye de régularité. On nous lâche en pleine nature, dans le désert, d’un point A à un point B, uniquement avec de vieilles cartes à l’ancienne et des boussoles. Il s’agit donc de nous familiariser avec l’environnement des dunes du désert.
Appréhendez-vous cette compétition ou êtes-vous plutôt confiantes, vous et votre copilote ?
Nous sommes très confiantes car il faut apprendre. Ce stage est justement fait pour ça afin de bien entrer dans un Rallye qui va durer trois semaines. C’est un challenge, un véritable défi pour nous. Je suis très heureuse d’y prendre part. Chaque année, aller à l’international fera partie de nos priorités, ma copilote et moi, afin de découvrir d’autres terrains de Rallye. C’est une expérience que beaucoup de femmes ici n’ont jamais eue.
Avant l’international, il y aura bien sûr les compétitions nationales. L’an dernier, vous avez terminé vice-championne. Quel sera votre défi cette saison ?
D’abord, il faut partir avec l’idée de terminer le Rallye. Si vous partez avec l’objectif de gagner à tout prix, vous risquez d’avoir en tête des malversations pour atteindre ce but. Il faut avant tout prendre du plaisir. En Côte d’Ivoire, le Rallye n’est pas rémunéré. Nous ne sommes pas comme Verstappen ou les champions à l’international. Ici, c’est un Rallye de loisir qui nécessite un financement, soit par des sponsors, soit sur fonds personnels. Il faut donc s’amuser et grâce au Rallye en Côte d’Ivoire, nous visitons aussi les villes de l’intérieur du pays.
Mais à travers le Rallye vous posez aussi des actions ?
Oui. Le Rallye est aussi pour moi un moyen d’aider les populations. À chaque Rallye, à chaque village découvert, j’apporte un soutien, notamment au niveau scolaire. Je paie la scolarité d’enfants dont les parents n’ont pas les moyens. Je choisis les meilleurs élèves pour les aider à poursuivre leur scolarité. Cela fait partie de mes engagements et de ma vision du Rallye.
La Fédération entend amplifier le karting et initie notamment la Coupe de Côte d’Ivoire. Comment réagissez-vous à ces innovations ?
Je trouve cela très bien. Cela donne envie à chacun de participer à toutes les compétitions et de se dire que même sans victoire, on peut aller au bout des spéciales et viser la Coupe. Cela crée un véritable engouement et c’est une très belle initiative.
Vous êtes désormais à la tête du Conseil sportif pour cette saison. Vous attendiez-vous à cette promotion ?
Pas du tout. Même quand on me l’a annoncé, je n’y croyais pas. J’en ai même ri en me disant que ce n’était pas possible. Mais à travers cette responsabilité, je souhaite réellement améliorer les conditions des équipages. Je veux être le lien entre la Fédération, les pilotes et les copilotes. Il paraît même que je joue le rôle du président de la Cour constitutionnelle (rires). Je vais essayer de relever ce défi durant mon mandat, et puis on verra.