Championne de Côte d’Ivoire, vainqueur de la Coupe nationale et de la Supercoupe, la JCA Kings aborde la saison 2026-2027 avec de grandes ambitions. À quelques jours du lancement de l’exercice, le président Ismaël Cissé Adam fait le point sur les objectifs du club, la pression liée au statut de champion, la professionnalisation de la JCA et les préparatifs de l’Elite 16 de la Basketball Africa League (BAL), que les Kings accueilleront à Abidjan du 10 au 15 novembre.
Dans quel état d’esprit la JCA aborde-t-elle la saison 2026-2027, dont le coup d’envoi est prévu dans quelques jours ?
Aujourd’hui, l’équipe affiche un très bon état d’esprit. Nous travaillons pour consolider nos acquis et démontrer que ce que la JCA a réalisé la saison dernière n’était pas un hasard, mais le fruit d’un travail bien pensé. Il faut maintenant montrer que, chaque année, nous pouvons aller plus loin. Défendre notre titre et conserver le trophée de la Supercoupe constituent donc nos grandes priorités. Nous allons aborder la saison avec cette ambition. Tout est mis en œuvre pour que la JCA version 2026-2027 soit encore plus forte que celle de la saison passée.
Championne en titre et détentrice de la Supercoupe, la JCA ne doit-elle pas gérer une pression supplémentaire ?
Nous avons déjà connu cette pression la saison dernière. Nous sortions de nos premiers titres et il fallait confirmer, montrer que la JCA était bien là et que ses victoires étaient méritées. Aujourd’hui, tous les clubs qui affrontent la JCA le font avec une détermination encore plus grande. Mais c’est de bonne guerre. La pression est présente, mais nous la transformons en motivation à travers le travail et la discipline. Elle existe, mais elle n’est pas plus forte que celle que nous avons connue la saison passée.
Quels sont précisément les objectifs de la JCA cette saison ?
Notre premier objectif est de défendre tous nos titres. Nous avons trois trophées : la Supercoupe, la Coupe nationale et la Ligue d’Or. Nous entendons donc conserver ces trois titres. Nous voulons également nous illustrer sur la scène continentale. Notre objectif, à la Basketball Africa League, est d’intégrer le Top 4 cette saison.
La JCA a été désignée pour accueillir l’Elite 16 de la BAL. Comment accueillez-vous cette confiance de la FIBA ?
Je voudrais d’abord remercier la FIBA pour cette confiance renouvelée. L’année dernière, nous avions organisé le Road to BAL et, cette année, nous accueillons l’Elite 16. C’est clairement une marque de confiance de la FIBA envers la JCA Kings. Elle a certainement apprécié le sérieux et le professionnalisme dont nous avons fait preuve. C’est aussi une formidable opportunité pour nous de jouer à domicile, de nous mesurer aux autres nations et d’offrir du beau basketball au public ivoirien. Le simple fait d’organiser cette compétition à domicile constitue déjà une première victoire. La deuxième devra se jouer sur le terrain, du 10 au 15 novembre, avec l’ambition de terminer à la première place de notre groupe.
L’organisation d’un tel événement représente un important défi logistique. Où en êtes-vous dans les préparatifs ?
Nous avons mobilisé toute une équipe. Nous lançons également un appel à tous ceux qui souhaitent contribuer à la préparation de cet événement qui réunira huit équipes et qui mettra en jeu deux places pour la Basketball Africa League. Le projet JCA est porté par Infinity Africa Group, que je dirige, et nous nous attachons à organiser cet événement de manière professionnelle. Mais nous lançons également un appel aux sponsors et à tous les passionnés de basketball qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice.
De quels moyens humains, financiers et matériels disposez-vous pour relever les défis du championnat et organiser l’Elite 16 ?
Cette année, nous souhaitons accueillir davantage de sponsors et de partenaires. Aujourd’hui, la JCA n’est pas seulement une équipe qui joue bien. C’est aussi une équipe qui bénéficie d’une véritable communauté. C’est donc une belle opportunité de promouvoir le sport que nous aimons et d’avoir un impact positif sur la jeunesse.
Quel budget avez-vous prévu pour l’organisation de l’Elite 16 ?
Le budget est encore en préparation. Mais il sera assez conséquent. Nous allons accueillir sept équipes en plus de la nôtre. Il faudra assurer leur hébergement, leur transport, toute la logistique, mais aussi l’animation autour de l’événement. C’est donc un budget important.
À ce niveau, bénéficiez-vous du soutien de l’État et de la Fédération ivoirienne de basketball ?
Tout à fait. Nous bénéficions du soutien historique de l’ONS et de la Fédération ivoirienne de basketball, qui nous accompagnent sur les plans logistique et financier. Mais je le répète, nous lançons un appel à tous ceux qui pensent que le basketball peut transmettre de belles valeurs à la jeunesse. Il s’agit d’un événement d’envergure continentale et chacun peut contribuer à sa réussite.
La JCA est aujourd’hui l’une des meilleures équipes du championnat ivoirien. Comment comptez-vous maintenir cette stabilité dans la durée ?
Il faut aller vers davantage de professionnalisation, de rigueur et de discipline. Pour moi, ce qui permet à une équipe de durer, c’est avant tout son organisation. Nous cherchons constamment à améliorer la qualité de notre encadrement. Aujourd’hui, la JCA évolue comme un club professionnel, avec tout l’accompagnement nécessaire autour de l’équipe.
Quand vous parlez de professionnalisation, qu’est-ce que cela signifie concrètement à la JCA ?
Cela commence par le suivi des joueurs. Nous avons notamment une villa JCA mise à leur disposition. C’est un cadre qui leur permet d’évoluer dans de bonnes conditions d’hébergement. Nous avons également des plans d’entraînement, un accès aux salles de sport et un accompagnement personnalisé pour chaque joueur. Tout cela participe à notre volonté de professionnaliser le fonctionnement du club.
Et sur le plan financier, la JCA rémunère-t-elle correctement ses joueurs ?
Sans prétention, nous faisons partie des clubs qui rémunèrent le mieux leurs joueurs. Mais au-delà de l’aspect financier, nous voulons surtout leur offrir la possibilité de progresser sur les plans technique et personnel, tout en bénéficiant d’une visibilité sur la scène internationale. Trois de nos anciens joueurs ont d’ailleurs rejoint des championnats en Espagne et en Europe. Cela montre qu’aujourd’hui, la JCA peut également servir de véritable plateforme pour les joueurs.
Vous allez disputer l’Elite 16 alors que deux de vos meilleurs joueurs ont quitté le club. Cela ne risque-t-il pas de créer un déséquilibre ?
Je pense que ces joueurs ont fait les choix qui leur semblaient les plus judicieux pour leur carrière. Mais nous avons un vivier. Soyez rassuré : ils seront remplacés valablement.
Quel rôle souhaitez-vous voir jouer la JCA dans le développement du basketball ivoirien ?
Je souhaite que la JCA soit un précurseur. Nous voulons montrer qu’un club peut fonctionner sans reposer uniquement sur les ressources personnelles de son président et qu’il est possible de construire un véritable modèle économique autour d’une équipe de basketball. Il faut montrer qu’un dirigeant peut investir dans le basketball et obtenir des retombées positives, aussi bien sur le plan humain que financier. La JCA veut être ce club qui inspire et incite d’autres dirigeants à investir davantage afin de construire des équipes fortes.
Vous avez fait de la JCA un club pratiquement professionnel. Envisagez-vous un jour de diriger le basketball ivoirien à travers la Fédération ?
C’est une bonne question ! Mais, pour vous répondre franchement, je me sens beaucoup plus à l’aise dans mon rôle à la JCA. Je sais que la Fédération est actuellement très bien gérée et qu’elle a fait de grands pas en avant. Nous sommes aujourd’hui parmi les fédérations les mieux organisées de la sous-région. Il y a un très bon leader à la tête de la Fédération. Pour ma part, je ne vois donc pas l’intérêt de prétendre la diriger. Je pense que je peux avoir un impact sur le basketball ivoirien sans nécessairement être à la tête de la Fédération.
Quel message souhaitez-vous adresser aux joueurs, aux supporters et aux partenaires à l’aube de cette nouvelle saison ?
Je leur dirais que la JCA est le club sur lequel il faut compter et qu’il faut rejoindre cette aventure. Ce que représente la JCA aujourd’hui va bien au-delà d’un simple club. Nous voulons porter haut les couleurs du basketball ivoirien sur la scène continentale. Cela mérite le soutien de toutes les organisations et de toutes les personnes qui souhaitent voir notre basketball grandir et connaître une véritable éclosion en Côte d’Ivoire.