Lounes Hattab a parlé. Beaucoup parlé. En sa qualité de DTN, le Franco-algérien a assené ses vérités dans une longue interview accordée à notre quotidien sportif, Supersport, dans sa parution du lundi 9 février dernier. Il n’avait peut-être pas sa langue dans la poche pour cracher ses supposés vérités dans cette interview. Sauf qu’il a beaucoup usé de la langue de bois pour éviter de ramer à rebrousse-poil de ce que son président avait dit après l’élimination des Eléphants en 1/4 finale à Agadir. On se rappelle bien qu’Idriss Diallo avait jugé cette sortie de route des Eléphants comme conforme à leur statut de 6ème africain au classement FIFA. Donc, ils n’avaient aucune chance d’aller au-delà des quarts de finale lors de la CAN du Maroc. Autant dire que l’employé s’est carrément aligné sur la position de son employeur. Le contraire nous aurait étonnés. Mais de qui croit se foutre Lounes Hattab ? S’il croit sincèrement que nous allons gober aussi facilement toutes les conneries qu’il a débitées dans nos colonnes, c’est qu’il se fourre le doigt dans l’œil. Et profondément. Trop parlé donne « Dagbè », s’amuse-t-on à dire à Abidjan.
Au demeurant, que tout DTN qu’il est, LH n’ait trouvé aucun inconvénient à être confiné à Abidjan, à surveiller comme un vigile la « Maison de verre » plutôt que d’être à Marrakech en train de prodiguer de bons conseils à son cadet, du fait de sa qualité de DTN et de son expérience dans le football, plus qu’une grosse faute professionnelle est une véritable hérésie. En même temps qu’il est révélateur de son inaptitude à assumer cette fonction d’expert technique auprès d’une fédération sportive. Sauf si, bien entendu, la FIF ne l’a recruté que pour se donner les airs de grande fédération, en le confinant dans un rôle de DTN sans pouvoir, une sorte de reine d’Angleterre. En tout cas, le Franco-algérien est un DTN pas comme les autres. Du reste ce qu’il croit nous cacher, c’est que si son nom a été rayé de la liste de la délégation de la FIF pour la CAN, c’est bien à cause de ses bisbilles avec la sélectionneuse des U17, Koudougnon Adelaïde. Il a proprement été puni par son DEX, Armand Gohourou qui ne voulait qu’il mette sa protégée KA sur la touche. D’où ce clash avec son DEX qui, au final, l’a maintenu à Abidjan. Certes, aujourd’hui il a obtenu gain de cause. La protégée d’Armand Gohourou a été évincée de la tête des U17. Mathieu Esposito a pris sa place comme intérimaire. Tant mieux. Mais cette victoire du reste pyrrhique, il l’a doit- et nous mettons notre main au feu- à l’arbitrage du président de la FIF, Yacine Idriss Diallo. Et puis qu’il arrête de travestir les faits.
LH nous dit qu’il avait beaucoup de travail au pays à cette période, c’est pour cela qu’il n’est pas allé au Maroc. Il devait notamment lancer la Licence C CAF, achever le deuxième tour des détections ainsi que l’indentification des talents. Et tutti quanti. D’où sa décision de ne pas aller se balader à Marrakech. Sauf que tout était à l’arrêt pendant le temps de la CAN. Les championnats L1, L2 et D3 suspendus. En outre, la Licence C CAF dont il fît allusion dans son interview n’a été lancée qu’en début de semaine du mois de février. Soit près de 2 semaines après la fin de la CAN. Menteur comme un arracheur de dents. En fait, notre DTN nous a simplement servi une version traficotée des faits. Tout est cousu de fil blanc. Plutôt que d’aller à la CAN, disséquer le jeu des équipes engagées dans cette CAN, en particulier la sienne, ensuite venir restituer ses observations à ses stagiaires lors des séances de formation, a donc choisi de se la couler douce sans doute à Assinie. Pour le reste, LH nous a servi du YID. C’est-à-dire qu’il a répété mot pour mot ce que son patron avait dit dans une autre interview, au lendemain de l’élimination des Eléphants. En d’autres termes, les quarts de finale étaient la limite de notre EN. Il n’a donc fait que du copier-coller. Et comme le ridicule n’a jamais expédié quelqu’un six pieds sous terre, voilà le DTN qui nous supplie à genoux de ne pas considérer la sortie de route des Eléphants en quarts de finale comme un échec. Ou bien il se moque de notre gue…le ou il nous prend pour des niais. Si la perte du titre en quart de finale n’est pas un échec cuisant, c’est que nous devons retourner à l’école du football. Pour actualiser ou pour reformater notre disque dur, en matière de football.
Ceci étant, à l’ouest rien de nouveau. Pour dire que LH a beaucoup parlé pour rien. Il nous a plutôt laissés sur notre faim, au lieu de nous rassurer que la FIF a désormais un vrai DTN. C’est-à-dire, cet expert technique disposant de tous les attributs du pouvoir pour remettre le football ivoirien sur les rails du développement. Et dont la compétence ne se limite pas dans un champ d’action bien défini et connu d’avance. Mais dont le domaine d’intervention s’étend aux autres centres de formation. Peu importe leur renommée ou leur réputation. Qu’importe à qui ils appartiennent. Seulement voilà. Sauf à prouver le contraire, nous ne pensons pas que le DTN de la FIF ait le courage d’aller jeter un coup d’œil à l’académie Mimosifcom, Benfica Campus Côte d’Ivoire ou même au centre JM Guillou. D’autant plus qu’en sa qualité de maître d’œuvre de la stratégie du développement du football-Elite comme Amateur- il est censé disposer de toutes les compétences nécessaires pour inspecter tous les structures de formation de football du pays. Faut-il encore qu’il ait le « caire » (cœur) de fourrer son nez là-bas. S’il est garçon pile qu’il nous prouve le contraire. Nous risquons d’attendre, en tout cas, jusqu’à la Saint-Glinglin.
Kambiré Elie