On a beau retourner la question sens dessus-dessous, beau entretenir un semblant d’optimisme quant à la capacité des Eléphants à nous ramener « notre trophée » continental, on est cependant rattrapé par cette vérité du terrain. Hélas ! La sélection de Faé suscite plus de doute qu’elle ne rassure. Et les signaux sont inquiétants à quelques encablures de la phase finale au Royaume chérifien. Et les deux matches tests de la dernière fenêtre FIFA l’attestent bien. Les deux sorties face aux deux pays du Moyen-Orient, le royaume d’Arabie Saoudite et le sultanat d’Oman, nous ont en tout cas laissés sur notre faim. Une défaite face à l’Arabie Saoudite (0-1) suivie d’un succès aux dépens du petit Oman (2-0), le bilan nous semble plutôt mitigé. La vérité rougie les yeux mais ne les casse pas, nous dit ce dicton. Mettons donc les pieds dans le plat.
A 20 jours de la CAN 2025, les Eléphants font peur. Et disons-nous la vérité en quatre yeux. En effet, peu importe le résultat, c’est le jeu même des Eléphants qui nous fout les boules. Et qui fait planer un grand danger sur la CAN. La définition du football, disait l’entraîneur français Elie Baup, c’est l’utilisation du ballon et le plaisir du jeu. Or, la sélection de l’ex-Nantais traine comme un boulet au pied, 7 péchés capitaux au niveau du jeu. Le 1er, c’est de ne pas souvent faire bon usage de l’utilisation du ballon. Deuxio, elle adore multiplier les passes latérales dans son camp, sans pour autant progresser dans la surface adverse. Tertio, une stérilité affligeante dans l’animation du jeu, en plus d’une pénurie consternant dans ses combinaisons offensives dans les remontées du ballon. Quarto, un fond de jeu proche du néant, du fait d’un manque de complémentarité entre les lignes. Quinto, un déficit collectif criant parce qu’à chaque match dû à une instabilité du onze entrant. Autrement dit, à chaque match, le coach aligne une nouvelle équipe.
Sexto, l’absence d’un tueur en attaque, d’un buteur patenté donc, du de la baisse de régime de Sébastien Haller. Et septimo, si on ajoute les choix tactiques approximatifs du sélectionneur et son incapacité à bâtir une équipe complémentaire au niveau du jeu et de l’esprit, depuis près de 2 ans qu’il est en poste, tous les ingrédients semblent donc réunis pour un échec programmé au Maroc. A moins d’un miracle. Autant dire que la Côte d’Ivoire part à cette CAN en marchant sur des œufs. Puisque, lors des Eliminatoires de la CAN 2025 et du Mondial 2026 hormis les trois pelés et un tondu qu’elle a écrasés sans coup-férir dont les Seychelles, pour le reste, les Eléphants n’ont pas été souverains dans le jeu. Et, nonobstant le fait qu’elle soit tombée dans deux groupes largement à sa portée, elle a arraché ses deux sésames en tirant la langue. Ça, c’est pour le côté cour. Car, côté jardin, le jeune sélectionneur ivoirien semble avoir transformé sa sélection en un laboratoire « d’essai clinique. » Aussi, sauf erreur de notre part, Faé Emerse a testé, après près deux ans de coaching, plus de nouveaux joueurs que son « Pépé Gasset ». Autant dire qu’il a battu le record GUINESS de son ainé en termes d’essai de nouveaux joueurs. Les essais répétés de nouveaux joueurs à chaque regroupement ne peuvent créer une instabilité chronique au sein de l’effectif. A moins le véritable objectif ne se soit ailleurs.
Et les rumeurs qui nous parviennent au sein de cette EN, si elles étaient vérifiées, alors ça serait très grave. Car, vrai ou faux, les mauvaises langues disent qu’en réalité, derrière la volonté affichée du sélectionneur de renforcer son groupe avec de nouveaux visages, se cache un but inavoué d’apporter une assistance aux agents de joueurs à vendre leurs « marchandises ». Autrement dit de faire la promotion de leurs joueurs par le biais de la sélection. Alors question. La sélection est-elle devenue un lieu de business pour agents de joueurs ? Accusez levez-vous. En attendant de trouver réponse à cette question, il est quand même choquant et révoltant de voir, au regard de son potentiel, le tenant du titre, terminer 2ème de son groupe G avec 12pts +9, derrière la Zambie 13pts +3, aux termes des Eliminatoires de la CAN 2025 ? Et même pour le Mondial 2026, elle s’est contentée d’un service minimum, quoiqu’elle a hérité d’un groupe F taillé sur mesure en vue de lui permettre d’effectuer le voyage en Amérique du Nord tranquillement. Même fumant la pipe. Ou encore un cigare de marque comme le Gurkha His Majesty’s Reserve ! Sauf que la réalité du terrain a été tout autre. Et là où les Eléphants ont trimé pour se qualifier, un pays comme le Maroc a fait du sans-faute. Une vérité saute cependant aux yeux. Nos Eléphants ne font plus peur. Et pourtant, même si cette cuvée-là n’est pas comparable à la génération dorée, elle n’est cependant pas aussi pauvre en talent que ça. Mieux, elle pourrait même faire le bonheur de n’importe quel sélectionneur futé.
Et rompu aux arcanes du métier. Pour dire quoi ? Que vrai vrai là, la Côte d’Ivoire n’a pas un problème de joueurs. Mais elle a pluôt un problème d’utilisation de ses talents. Incohérence et tâtonnement, ce sont les deux maux qui fragilisent les Eléphants. Alors que faire ? Prier. Que dans les Eglises, Mosquées et temples, les groupes de prière s’organisent. Et que tout le monde jeûne. Prions le bon Dieu pour qu’il soit encore à nos côtés comme il l’a été en 2023 à Abidjan. Et seul un miracle pourra sauver cette EN qui fonce droit dans le mur. Mais si, après avoir fait tout ça que ça ne va toujours pas, alors tournons-nous vers nos sages « d’Akradjo » pour qu’ils rendent, de nouveau, nos joueurs invisibles et invincibles sur le terrain. Et j’ai prévenu.
Kambiré Elie