Diallo-Tohé, comme dans un télénovelas

Salif Bictogo a choisi son camp. Il a décidé de rouler pour Yacine Idriss Diallo. C’est clair, c’est net. Et c’est acté. Au demeurant, ce n’est pas tant le choix du président de la Ligue Pro pour le président de la FIF qui dérange. Non, pas du tout. D’autant plus qu’il est libre de rouler pour qui il le désire, que ce soit pour Tartempion ou pour l’oncle Picsou, tant pis. Mais c’est le timing, c’est-à-dire pendant qu’il est copain-copain avec son « frère de sang » Malick Tohé, qu’il lui assène un coup de poignard dans le dos. Et le seul qualificatif qui sied à ce genre de comportement s’appelle la « trahison ». D’ailleurs, si MT a été hier le faiseur de roi qui a porté Y. I. Diallo au pouvoir, SB a été son bras droit dans cette architecture. Autrement dit, son grand chancelier en quelque sorte. Sniff, sniff, sniff ! Parce qu’il y a de quoi verser un torrent de larmes.

En outre, aussi surprenant que cela paraisse, jusqu’à ce que SB ne lâche sa bombe à retardement dans le quotidien « Supersport » du mardi 16 mars, il n’avait jamais laissé échapper le moindre soupçon qu’il allait commettre ce crime de lèse-majesté, ni ne pas accompagner MT dans sa volonté de briguer la présidence de la FIF. Et, bien qu’étant dans le secret des dieux, comme il l’a été à l’élection précédente de 2022, il n’avait jamais manifesté une quelconque opposition à une éventuelle candidature de M. Tohé. Mais qu’à cela ne tienne, la vie continue. Et le camp Tohé ne peut que lui souhaiter bon vent. De toute façon, la désertion en plein vol du président du Stella ne surprend guère. Car, depuis qu’il a commencé à jouer les « Kissinger », autrement dit le médiateur entre YID et MT, tout le monde a compris que le pdt de la LFP avait tourné casaque et qu’il ne fallait plus compter sur lui. Car, tôt ou tard, il aurait sauté du navire. Qu’il l’ait donc fait maintenant, tant mieux.

Autant crier alléluia ! Et puis, ne dit-on pas ici que, quand un pied se casse, l’autre grossit ? Cela dit, dans cette drôle de partie de poker menteur, dans ce triste ballet d’hypocrites, Idriss Diallo sait très bien que Malick Tohé sera candidat, mais il fait comme s’il ne le sait pas. Malick Tohé aussi sait très bien qu’Idriss Diallo sera candidat pour un deuxième mandat, mais il fait comme s’il ne le savait pas. En fait, dans la perspective de la joute électorale à venir, chacun des deux colistiers de la liste « Rassembler pour développer » avance ses pions sans trop se découvrir. Certes, les deux camps ne se livrent, pour le moment, qu’une petite guéguerre à fleurets mouchetés. N’empêche que le mercure ne cesse de monter d’un cran à l’approche du scrutin. Et tout devrait forcément se décanter quand l’AG élective entrera dans sa dernière ligne droite. Et là, on saura qui fait quoi et qui est qui. Les masques finiront aussi par tomber, de même que d’autres S. Bictogo seront démasqués. Pour sûr, le chemin menant au scrutin est encore long et semé d’embûches. De plus, il n’a pas encore fini de nous livrer tous ses petits secrets tapis dans l’ombre. À quelques encablures de la prochaine AG élective de la FIF, le mercure ne cesse de monter. Les états-majors sont en ébullition.

Même si la compétition n’est pas encore ouverte, la précampagne, elle, a démarré, et même sur les chapeaux de roue. Sans donc vouloir faire des plans sur la comète, c’est-à-dire identifier dès maintenant lequel des deux ou trois présumés candidats passera la promesse des fleurs, on sait cependant que le match devrait se jouer entre Yacine Idriss Diallo et Malick Tohé. Certes, pour le moment, la FIF n’a pas encore fixé la date de cette AGE. Toutefois, selon certaines indiscrétions, elle devrait se tenir au mois de septembre 2026, c’est-à-dire juste après « United 2026 », sauf si, bien entendu, l’AG ordinaire du mois de mai prochain n’en décide autrement. Quoi qu’il en soit, l’enjeu sera de taille. Mais aucun d’entre nous n’a la prétention de dire que le prochain scrutin sera du même acabit que son devancier de 2022.

Non, il ne lui ressemblera pas trait pour trait, mais il suscitera la même passion, le même enthousiasme et, pourquoi pas, la même folie que l’élection précédente pilotée par la Normalisation. D’ores et déjà, la toile s’est enflammée. Les réseaux sociaux sont entrés en ébullition. Autant dire que le duel YID-MT passionne déjà et nous tient en haleine. Nous voilà donc partis pour un long et passionnant feuilleton aux allures de « télénovelas », ces séries brésiliennes et mexicaines dont raffole tant la gent féminine. En tout cas, les jeux sont lancés, mais ils ne sont pas encore faits. De même que, si la rupture n’est pas encore tout à fait consommée entre les deux colistiers d’hier, il n’en reste pas moins vrai qu’une crise de confiance s’est installée entre le pdt et son vice-pdt. Et le camp de YID a même ouvert les hostilités.

Il a lancé la première salve en réclamant hic et nunc la démission du faiseur de roi, sous prétexte qu’il serait candidat contre leur champion. Ces premiers missiles « Tomahawk » venus des « Roperos » d’Idriss Diallo n’ont cependant pas atteint leur cible, puisque Malick Tohé n’a pas démissionné et ne compte pas non plus quitter le navire maintenant. Élu au scrutin de liste avec Idriss Diallo, il entend assumer sa fonction jusqu’au bout et rendre le tablier s’il le désire, vraisemblablement après la CM 2026. D’ailleurs, rien, absolument rien, ne l’empêche d’assumer sa charge, à moins que le pdt de la FIF ne décide de le virer de son comité exécutif. Mais s’il franchissait ce pas, il aurait alors commis un casus belli, à ses risques et périls. Dans ces conditions, tous les coups seront permis.
Kambiré Elie

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