Droit au but du lundi 26 janvier 2026 : La face cachée d’un fiasco programmé

Maintenant que les lampions se sont éteints sur la 35ᵉ phase finale de la biennale du football africain, jouée à cheval sur deux années, dès lors que le Sénégal a soulevé son deuxième trophée continental dans un chaos et un tohu-bohu indescriptibles, totalement indignes de la plus prestigieuse des compétitions de la CAF qu’est la CAN ; en attendant les sanctions de la CAF et de la FIF, pendant que tous les officiels ivoiriens sont de retour au pays et ont regagné leurs domiciles respectifs, nous pouvons à présent laver notre linge sale en… famille.

Autrement dit, en nous regardant droit dans les yeux pour nous dire les quatre vérités intra-muros. D’autant plus que l’Équipe nationale que nous chérissons tant est partie au Maroc avec notre trophée, mais est revenue au pays sans le magnifique objet d’art que nous avions brillamment conquis à domicile, de haute lutte en plus, au bout d’une phase finale riche en suspense, en émotion et en… palpitations. En tout état de cause, l’heure des comptes a sonné. Parce qu’il faudra bien que le football ivoirien solde ses comptes. Il faudra bien que nous réglions nos comptes avec les responsables fédéraux à qui nous avons confié la gestion de nos Éléphants à cette CAN du Maroc.

Il faudra bien qu’ils nous disent ce qui s’est passé ou ce qui n’a pas marché pour que l’Égypte nous ait destitués de la plus mauvaise des manières à Agadir, faisant ainsi du Sénégal le nouveau calife du football africain. Avouons que depuis la sortie de route des Éléphants en quarts de finale face à l’Egypte les questions s’enchaînent sans pour autant nous apporter des éléments de réponse appropriés. Et en dehors de la faillite tactique, technique, collective et mentale — en un mot, du jeu proprement dit des Éléphants — l’une des questions essentielles qui taraude notre esprit est celle-ci : pourquoi Lounès Hattab, le DTN que la FIF a recruté à prix d’or, est-il resté à la maison alors que son employeur avait son équipe nationale engagée dans une phase finale de la CAN au Maroc ? Mais qu’on ne s’y méprenne pas.

Nous ne disons pas ici que le suivi de la sélection nationale A, autrement dit des Éléphants, relève de sa compétence. Nous ne disons pas, non plus, que cela fait partie de sa mission et, par conséquent, qu’il avait le droit de s’ingérer dans le travail du sélectionneur national. Non, il ne s’agit pas de cela. Nous insistons pour dire que ce Franco-Algérien de 56 ans, ancien joueur du Havre et ex-entraîneur de club, aurait pu jouer un rôle de conseiller, officiel ou officieux — peu importe — auprès du jeune sélectionneur national, Faé Emerse, du fait de son expérience et de son vécu à ce poste. La répétition étant pédagogique, dit-on, bien que l’Équipe nationale A ne relevât pas de sa compétence, rien n’empêchait cependant l’organe fédéral de solliciter l’expertise de son DTN dans la gestion de cette compétition de haut niveau, plutôt que de l’abandonner à la maison pour des raisons extra-sportives. Tout simplement parce que le DEX et lui ne seraient pas en odeur de sainteté. Quelle bêtise ! De la même manière que Faé Emerse a écarté Nicolas Pépé, Simon Adingra et Sébastien Haller — trois joueurs clés — de sa liste des 26 pour la CAN, fragilisant ainsi son potentiel, les responsables fédéraux ont mis du blanco sur le nom de Lounès Hattab pour le voyage au Maroc. Ce faisant, ils se sont volontairement privés d’une expertise avisée dans la gestion de l’équipe nationale, mais aussi d’une phase finale de la CAN.

Au demeurant, ce qui nous fâche tant, ce qui nous énerve à ce point, ce n’est pas le fait que la FIF n’ait pas emmené dans son trolley son DTN, mais plutôt le motif pour lequel Lounès Hattab est resté pour surveiller la « Maison de verre », motif qui n’est guère acceptable. Le Franco-Algérien n’était pas au Maroc parce que le prix du billet d’avion aurait coûté les yeux de la tête à la FIF, mais bien pour des raisons extra-sportives, parce qu’il ne serait pas en odeur de sainteté avec le chef de l’administration de l’organe fédéral. Autrement dit, pour des futilités, pour des bisbilles avec son DEX, L. Hattab a été « emprisonné » à Abidjan pendant que les Éléphants se faisaient destituer à Agadir. En tout cas, depuis leur retour au pays, les langues se délient peu à peu. Et les présidents de club, invités de la FIF uniquement pour les trois matches de poule des Éléphants, sont rentrés vent debout contre leur faîtière. Car pendant qu’ils partageaient avec les journalistes invités de la FIF un réceptif hôtelier de moyen standing, et que d’autres personnalités, dont les membres du COMEX ainsi que des membres d’honneur, étaient également logées dans un second hôtel, le DEX et ses assistantes avaient pris leurs quartiers au « Radisson Blu de Marrakech », un somptueux réceptif cinq étoiles. Comme quoi, là où un réceptif hôtelier — ou même deux, à la limite — de moyen standing ou de luxe, peu importe, aurait suffi pour héberger toute la délégation fédérale, la FIF a préféré réquisitionner trois hôtels. Si cela n’est pas du gaspillage, c’est du moins une gabegie à grande échelle. Après tout, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. En un mot comme en cent, si la campagne de la CAN 2025 s’est achevée en eau de boudin pour les Éléphants, en termes d’opérations coûteuses, elle a été aussi un puits sans fond dans lequel l’organe fédéral s’est abreuvé à satiété. Sauf qu’à l’heure des comptes, Yacine Idriss Diallo ne défilera pas avec la Coupe à la prochaine fête de l’Indépendance. Ça c’est acté. Validé. Entériné.
Kambiré Élie

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