En décembre 2025, un collectif de dix présidents de fédérations sportives olympiques avait ouvertement dénoncé une gestion opaque du président actuel du Comité national olympique de Côte d’Ivoire (CNO-CIV), Me Ngoan Georges. Quatre mois plus tard, ce même collectif, cette fois rejoint par cinq présidents d’associations sportives, est de nouveau monté au créneau. Ils ont publiquement accusé l’institution olympique nationale d’être devenue une « citadelle opaque » et un instrument de déstabilisation du mouvement sportif ivoirien.
« Nous voulons alerter l’opinion publique et les autorités sportives sur les graves dysfonctionnements au sein du CNO-CIV dont nous sommes membres. Ces dysfonctionnements compromettent le développement du sport ivoirien. Nous faisons le constat amer d’un CNO-CIV qui s’est transformé en une citadelle opaque, sourde aux aspirations de sa propre base et en instrument de déstabilisation du mouvement sportif », a d’abord expliqué le porte-parole du collectif, Ballo Tiemoko, par ailleurs président de la fédération de tennis de table. C’était lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 11 mars 2026.
Le collectif accuse avant tout Me Ngoan et son équipe de créer des crises au sein de certaines fédérations afin de les exclure dans l’optique de la prochaine Assemblée générale élective prévue le 30 avril prochain.
« Le CNO s’ingère dans la vie des fédérations à cause des futures élections. Ils s’immiscent dans les affaires internes des fédérations et utilisent des structures “fictives” pour verrouiller les scrutins. Nous n’irons pas aux élections avec des présidents exclus. Nous ne l’accepterons pas, pas plus que le mouvement sportif », a martelé le porte-parole.

Quatre autres griefs majeurs cristallisent la colère des frondeurs. Primo, ils contestent l’Assemblée générale ordinaire de décembre 2025 qui, selon eux, s’est tenue dans « un climat d’exclusion, laissant planer des doutes sérieux sur la validité du quorum ».Secundo, ils dénoncent un flou autour du budget « record » pour 2026.
« L’enveloppe est de 2,1 milliards de FCFA pour 2026. Le collectif dénonce l’absence de détails sur la répartition par fédération et craint une utilisation des fonds à des fins électorales plutôt que techniques », a détaillé Ballo Tiemoko.
Troisièmement, les frondeurs pointent du doigt un clientélisme dans la distribution des bourses, notamment en vue des Jeux de Los Angeles 2028. « Des critères flous favoriseraient les structures alignées sur la présidence au détriment de fédérations plus performantes », affirment-ils.
Enfin, ils déplorent une violation des statuts dans la mesure où le Secrétariat général refuserait de communiquer les rapports moral et financier dans les délais légaux. Bref, le collectif a dressé un portrait sombre de l’institution olympique nationale.
« Le Groupe Solidarité affirme que le CNO-CIV n’est pas la propriété d’un clan, mais un instrument au service de la nation. L’objectif affiché est le retour à l’ordre statutaire, la transparence des comptes et la sincérité du processus électoral prévu pour avril prochain », a expliqué le porte-parole. Il a conclu en interpellant la tutelle.