La déclaration sonne comme un soutien sans concession. Réunis, mercredi 9 septembre 2026, dans un réceptif hôtelier à Yamoussoukro, les représentants de huit clubs actifs – la SOA, Yamoussoukro FC, Don Koff FC, l’AS Divo, Atlantis de Dimbokro, G27, l’AC Taabo et le CO Bouaflé – ont affiché leur adhésion à la candidature de Yacine Idriss Diallo, à son comité exécutif et au projet qu’ils portent pour les quatre prochaines années. Porte-parole de cette prise de position, N’Guessan Achille, président du CO Bouaflé, a donné le ton : « Nous sommes prêts à vous accompagner dans la continuité du développement du football ivoirien. »
Avant cette rencontre avec les clubs, le président-candidat et sa délégation ont effectué une visite de courtoisie à la mairie de Yamoussoukro. Au nom du maire Kouassi Kouamé Patrice, le 7e adjoint au maire leur a souhaité la bienvenue, se disant honoré, au nom de la ville natale du père fondateur de la Côte d’Ivoire, d’accueillir les dirigeants de la FIF. Il a également formulé des vœux de succès pour les travaux de l’Assemblée générale élective.
Pour Yacine Idriss Diallo, cette étape avait une résonance particulière. Il a rappelé que Yamoussoukro fut le théâtre de son élection à la tête de la FIF, le 23 avril 2022, avant de souligner le rôle symbolique de la capitale politique dans la renaissance des Éléphants, consacrée par le sacre à la CAN 2023. « Nous sommes revenus sur les terres qui nous ont porté bonheur », a-t-il lancé, faisant de cette dernière étape de sa tournée de campagne un moment chargé de symbole.
Les clubs misent sur la continuité
Dans leur déclaration, les dirigeants de clubs ont d’abord salué le bilan du comité exécutif sortant. Ils ont notamment relevé l’augmentation des subventions accordées aux clubs, qualifiée de « décision historique » et de « véritable bol d’air pour le football local ».
Pour N’Guessan Achille, les éventuelles doléances ne doivent pas remettre en cause la dynamique engagée. « Nous avons des doléances », a-t-il reconnu, avant de mettre en avant la volonté de dialogue portée par le candidat. L’organisation annoncée des États généraux du football ivoirien doit justement permettre, selon lui, de réunir les préoccupations des différents acteurs, de débattre et de proposer des solutions.
« Nous sommes là pour l’avenir », a insisté le porte-parole, avant de réaffirmer : « Monsieur le Président, nous sommes prêts à vous accompagner pour la continuité du développement du football ivoirien. »
Cette déclaration intervient à trois jours du scrutin du 12 septembre et donne un relief particulier à la fin de campagne de Yacine Idriss Diallo. Les huit clubs présents entendent ainsi inscrire leur soutien dans une logique de continuité, tout en attendant de la prochaine équipe fédérale qu’elle réponde aux préoccupations du terrain.
Transformer le modèle et préparer 2030
Au-delà du soutien électoral, Yacine Idriss Diallo a défendu devant les clubs les grandes lignes de son projet. Première priorité, il a appelé à transformer le modèle économique des clubs pour les rendre progressivement moins dépendants des subventions. « Il faut passer d’une gestion personnelle à une gestion plus structurée », a-t-il expliqué, appelant les clubs à rechercher des partenariats privés et à développer le sponsoring, le merchandising et les ressources liées au digital. Parce que, a-t-il poursuivi, « Si, en 2030, on parle encore des subventions, c’est un échec collectif. » Pour lui, la professionnalisation économique des clubs constitue donc une condition essentielle du développement durable du football ivoirien.
Au chapitre du deuxième chantier, il ambitionne de faire des compétitions de véritables produits sportifs. La Ligue 1, la Ligue 2, la Division 3 et le football féminin doivent bénéficier d’une organisation plus attractive, avec des calendriers mieux anticipés, une meilleure utilisation des infrastructures et une valorisation des droits.
Le digital doit accompagner cette mutation. « Il faut aller les trouver là-bas, dans leur téléphone », a-t-il lancé en évoquant les nouvelles habitudes de consommation des jeunes. L’objectif est de créer des contenus et des produits capables de rapprocher les nouvelles générations du championnat ivoirien.
La formation constitue un autre axe majeur à travers le renforcement de la présence de la Direction technique nationale, la détection des talents, la classification des centres et l’accélération de la formation des éducateurs. « La formation des formateurs est capitale », a insisté le candidat.
Le football féminin n’est pas en reste, avec la volonté de poursuivre sa professionnalisation et de renforcer la détection dans les différentes régions.
Enfin, le projet entend agir sur les infrastructures et la durabilité des performances des sélections. La participation de la Côte d’Ivoire aux grandes compétitions internationales doit, selon Yacine Idriss Diallo, devenir « une évidence et non une exception ».
Face aux clubs, le président-candidat a résumé sa philosophie en rappelant leur rôle central : « Les propriétaires, c’est vous. Les clubs, c’est à vous. » Lui et son équipe se présentent comme des gestionnaires appelés à laisser, au terme des quatre prochaines années, « des traces concrètes et durables ».
À Yamoussoukro, entre le souvenir de l’élection de 2022, le symbole de la renaissance des Éléphants et le soutien affiché par huit clubs actifs, Yacine Idriss Diallo a voulu donner à cette dernière étape de campagne les allures d’un passage de témoin vers un nouveau cycle. Le 12 septembre, les urnes permettront de mesurer la portée de cette dynamique.