Akesse Lewis (Coach ES Agboville) : ” On achète pas les victoires, on les construire “

 

Sacré meilleur entraîneur de Ligue 2 après avoir mené l’ES Agboville vers la montée en Ligue 1, Akesse Lewis revient sur cette saison historique, les critiques qui l’ont accompagné et ses ambitions pour l’avenir.

Vous avez été désigné meilleur entraîneur de Ligue 2 à l’issue de la saison écoulée. Comment accueillez-vous cette distinction ?

C’est une grande satisfaction. D’abord pour moi-même, mais aussi pour ma famille, mon staff, mes joueurs, et surtout pour le président du club qui m’a fait confiance. Il m’avait donné une mission : le maintien ou la montée. Par la grâce de Dieu, on est montés. Il était heureux, et moi encore plus. C’est comme un élève qui réussit son bac. Toute la famille est fière. Pour nous, c’est pareil. On a travaillé dur, on a atteint notre objectif. Cette distinction vient récompenser tous nos efforts. Je suis honoré et motivé.

Justement, est-ce que cette distinction ne vous met pas davantage de pression ?

Évidemment. Comme on le dit à l’INJS : il est plus facile de devenir champion que de le rester. Une fois qu’on atteint un certain niveau, on est attendu au tournant. C’est normal. J’essaie de rester concentré et de continuer à travailler. Cette année, j’en suis à trois ou quatre trophées. Alors je rends gloire à Dieu, et je remercie tous ceux qui me soutiennent, qui prient pour moi.

Bien sûr ! C’est comme à l’école : quand tu es en CM2, tu veux aller en 6e ; en Terminale, tu veux l’université. J’ai déjà entraîné cinq ou six clubs de Ligue 1, j’ai fait monter plusieurs équipes depuis les divisions inférieures. Aujourd’hui, mon rêve, c’est d’intégrer un staff technique d’une sélection nationale. J’ai déjà été adjoint de Gouaméné Maxime avec la sélection locale. On a joué l’UFOA au Sénégal contre des équipes comme le Ghana, le Niger, le Rwanda… Donc si un jour on m’appelle pour une sélection nationale, ce serait une immense fierté pour moi et ma famille. Je pense que mon parcours parle pour moi.

Et avec Agboville aujourd’hui, quelle est votre vision ? Vous restez ou vous envisagez autre chose ?

Non, je reste à Agboville. J’ai signé pour la saison 2025-2026. Je suis totalement concentré sur cette mission. On est en pleine préparation. Les tests de recrutement sont terminés et le 15 août, on joue notre premier match contre Bouaké. On verra ce que ça donne, mais on est déterminés.

Quel est l’objectif du club cette saison en Ligue 1 ?

Le président a été très clair : l’objectif principal, c’est le maintien. Mais comme il aime le dire, l’appétit vient en mangeant. Si on a l’opportunité de viser plus haut, de jouer les premiers rôles ou d’accrocher une place africaine, on ne va pas s’en priver. On va jouer chaque match à fond.

En Ligue 2, certains vous ont accusé d’avoir truqué des matchs. Que répondez-vous à ces critiques ?

Vous savez, quand une équipe perd, elle cherche toujours des excuses. C’est souvent l’arbitrage qui est mis en cause. Moi, je ne réponds pas à ce genre d’accusations, j’en rigole même parfois. Soyons sérieux. Tu peux donner un million ou même dix millions à un arbitre, si ton équipe est faible, tu ne gagnes pas. Tu peux offrir cent millions à un arbitre contre le PSG, tu crois que tu vas les battre ? Ce n’est pas réaliste. Nous, on joue bien, on travaille bien. Contre l’Africa, par exemple, ils nous ont dominés en première mi-temps. S’ils avaient été plus efficaces, ils pouvaient mener 3-0. Mais on est restés calmes, on a posé notre jeu et on a fini par l’emporter. Les critiques font partie du football. J’ai même entendu quelqu’un dire qu’on avait eu 16 penalties à domicile alors qu’on n’a joué que 9 matchs à Agboville ! Il faut rester sérieux. Ce qui compte aujourd’hui, c’est qu’on est en Ligue 1.

 

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